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"La distance nous rapproche."

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Interviews :
Le premier raid extrême transalpin (raid 2000)
- Les organisateurs aussi passent le relais (raid 2001)

La création du Raid Hannibal résulte de la volonté de la Région Rhône-Alpes de faire connaître le projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin. C'est dans ce sens qu'elle a contacté en 1999 l'École de Management de Lyon. Une association s'est créée pour monter le projet de ce raid sportif par équipe qui traverse les Alpes en 4 jours.

Le Raid Hannibal a été baptisé ainsi en référence au général carthaginois Hannibal Barca qui, en 218 av. JC, lancé à la conquête de Rome, franchit les Alpes avec ses troupes et son régiment d’éléphants. L'animal se retrouve sur le logo du raid.

Organisation : "Raid Hannibal E.M. LYON", association loi 1901.

Participants : Par équipes : étudiants, entreprises, collectivités

Épreuves sportives  :

  • Roller
  • Canoë
  • VTT
  • Course
  • Escalade  / Rappel
  • Trekking
  • Canoraft
  • Course d'orientation
  • Escalade  / Rappel
  • Canyoning

Interview : Le premier raid extrême transalpin

Pour savoir comment "la distance nous rapproche", nous n'avons pas hésité à rencontrer l'équipe à Ecully . Anne-Sophie, chargée de la communication, nous accueille dans un immense bureau d'au moins 16 m2. Comme elle le partage avec 6 ou 7 personnes, 5 ordinateurs, un fax et des tas d'autres choses utiles, nous décidons de poursuivre la conversation à la cafétéria.

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Lyoncampus : Le Raid Hannibal, c'est quoi ?
Anne-Sophie : C'est un double défi : c'est le premier raid extrême transalpin, sur 4 jours, c'est donc un défi pour les équipes engagées qui doivent faire preuve d'endurance et de cohésion. C'est aussi un défi pour nous de créer, d'organiser et de faire vivre cet événement.

Lyoncampus : Concrètement ?
Anne-Sophie : C'est un raid sportif par équipes, réunies par des étudiants, des entreprises, et des villes. Le départ aura lieu le 5 octobre place Bellecour. Les concurrents devront traverser les Alpes en quatre jours selon un itinéraire que nous avons tracé et testé.

Lyoncampus : Traverser avec des éléphants ?
Anne-Sophie : Ah non, il n'y a pas d'éléphants mais beaucoup d'autres moyens, qui font travailler à peu près tous les muscles : VTT, trekking, roller, canoë... Heureusement que c'est par équipe ! Tout le programme des épreuves est expliqué sur notre site [cf. les compléments d'information].
A chaque étape, il y aura des animations, un village partenaire, etc., un peu comme sur le Tour de France.

Lyoncampus : Comment ce projet est-il né ?
Anne-Sophie : Et bien, en fait, c'est au départ une proposition de la Région Rhône-Alpes, via le GIP Transalpes.
Michel Rivoire, le directeur, a contacté E.M. Lyon en novembre 99, en la personne de M. Belletante, le directeur pédagogique.

Que veut montrer Transalpes dans cette opération ?
Anne-Sophie : L'objectif de ce raid est de faire connaître le projet de création de la ligne ferroviaire "la Transalpine".
La Transalpine, c'est un TGV qui reliera Lyon à Turin en 2h, c'est aussi une liaison pour le transport des marchandises : 40 millions de tonnes transportées par an, cela fera un grand bol d'air pour les vallées des Alpes !
Un chantier plus important que le tunnel sous la Manche, un véritable défi pour les échanges commerciaux de XXI ème siècle, bref, un projet gigantesque qui concerne l'Europe entière.
Tous les enjeux sont très bien expliqués et illustrés sur le site de la Transalpine [cf. les compléments d'information].
L'objectif est aussi d'impliquer la population sur le parcours de cette future ligne, grâce à un événement festif, d'où le slogan : "La distance nous rapproche".

Lyoncampus : Entre la région et vous, quel était le… contrat ?
Anne-Sophie : En fait le marché était simple : vous avez carte blanche afin de monter ce projet pour 2000 et le faire vivre jusqu'en 2006 au moins, pour les JO de Turin. Il fallait donc monter une structure costaud et pérenne, un peu comme celle du Petit Paumé, qui existe depuis 30 ans et dont le savoir-faire se transmet d'année en année aux nouveaux.
On peut dire aujourd'hui que l'on va assurer cette pérennité, on rêve de participer au Raid Hannibal 2015.

Lyoncampus : Une fois ce projet soumis à l'école, qu'est-il devenu ?
Anne-Sophie : Pour l'organisation, la communication et le financement, tout le monde apprend cela ici, c'est la vocation de l'école. S'agissant aussi d'un projet sportif, c'est au bureau des sports (BDS) qu'il a été proposé et bien sûr cela nous a enthousiasmé. Mais il fallait que le BDS continue à vivre et à organiser ses propres événements, comme le Bol d'Air; alors la moitié environ du BDS a créé l'association Hannibal avec 15 étudiants de 2ème et 3ème année.

Lyoncampus : Et pour démarrer ?
Anne-Sophie : Après la création de l'association, nous avons commencé à travailler sur le projet début 2000. L'École nous a prêté 50 000 F sans intérêts pour pouvoir démarrer; principalement pour acheter des ordinateurs et du matériel, car nous sommes indépendants pour la logistique. Nous bénéficions toutefois d'un bureau et de l'accès à l'Internet via le réseau de l'école, c'est vraiment important parce que le mail c'est maintenant l'Outil pour les contacts.
Tout le reste, affranchissement, téléphone… est payé sur nos fonds.
Très vite, on a réalisé un plan de trésorerie pour négocier un découvert à la banque.

Lyoncampus : L'organisation ?
Anne-Sophie : On a constitué des commissions, un peu comme au BDS. Une commission chargée du parcours : épreuves et logistique, une commission financière et juridique, une commission Participants chargée d'inviter les équipes et une commission Communication. Bien sûr chacun d'entre nous cherche des sponsors dans ses réseaux.
Mais il a fallu être souple dans cette organisation : par exemple, tant que le parcours et les épreuves n'étaient pas définis, au moins en gros, il n'était pas possible de communiquer.
Donc, au début, on était beaucoup plus nombreux à s'occuper du parcours.
Il y a une réunion par semaine pour chaque commission et aussi une réunion générale. Il faut aussi mettre dans le bain le groupe qui prendra le relais l'année prochaine, c'est pourquoi il travaille avec nous de temps en temps.

Lyoncampus : C'est beaucoup de travail ; quel est l'impact sur vos études, vos relations avec l'École ?
Anne-Sophie : Oh là oui, c'est du travail, jusqu’à 25 heures par semaine pour les plus engagés et nous n'avons pas pris de vacances. En plus, il a fallu apprendre un peu l'italien pour les contacts et pour rédiger tous nos documents dans les deux langues.
Nous bénéficions d'un aménagement de scolarité : une à trois décharges de cours par trimestre, au choix selon la charge dans l'équipe. Cela veut dire que nous ferons notre scolarité en quatre ans au lieu de trois. Mais le jeu en vaut la chandelle. C'est une expérience unique qui vaut bien tous les stages. Et puis nous quitterons l'école un peu plus mûrs, avec un plus sur le CV.
Les profs n'interviennent pas dans le projet, mais, bien entendu, nous pouvons nous adresser à eux comme conseils dans leurs domaines d'expertise.
Quant à l'école, elle fait partie des sponsors et nous lui fournissons des bilans d'étape, comme à tous les autres partenaires. C'est normal, elle engage son image dans cette participation.

Lyoncampus : Et vos relations, dans le groupe ?
Anne-Sophie : C'est sûr que ce n'est pas aussi facile qu'au BDS. Il faut être plus professionnel, les relations sont plus difficile à gérer que dans une entreprise dans le sens où nous sommes bénévoles, et que nous sommes avant tout un groupe d'amis. Il faut donc gérer les susceptibilités de chacun, et essayer que ces relations de travail n'influent pas trop sur l'amitié.

Lyoncampus : Avez-vous eu des périodes de doute ?
Anne-Sophie : Comme dans toute initiative qui se monte pour la première fois, les doutes sont présents. Mais ils ne naissent pas de l'événement en lui même, car nous croyons tous en lui (pour l'avoir fait naître et grandir), mais sur la manière dont il va être perçu par les entreprises et le grand public.

Lyoncampus : Où en êtes-vous à J-30 ?
Anne-Sophie : Et bien le parcours est bouclé dans le détail. Nous avons 32 équipes inscrites, dont 3 italiennes, sur un potentiel de 40 et des contact avancés avec des candidats.
Dans les 15 équipes d'étudiants, il y a St-Cyr et Navale, il va falloir les suivre ! Et bien sûr nous avons aussi des équipes d'entreprises : Alstom, SNCF…
Le budget est de 3,2 MF de dépenses et il est d'ores et déjà pratiquement équilibré par les recettes : 50 % viennent des inscriptions et 50 % du parrainage (Salomon) et des entreprises partenaires. Il y a des apports financiers, mais aussi en nature : par exemple Casino fournit l'ensemble du ravitaillement, Andersen Consulting nous aide sur des sujets très pointus, comme les contrats d'assurances.
L'équipe vidéo de Salomon filmera les moments forts de chaque étape, il y aura un mini-journal tous les soirs pour les participants, et un film de 52' sera produit. Mais il y aura bien d'autres médias : F2, F3, M6, Europe 2 …

Lyoncampus : Et après c'est la fête ?

Anne-Sophie : Bien sûr il y aura une grande soirée à Turin après la remise des prix, mais on sera sages, parce qu'il faudra ramener les voitures dans la nuit.
Par contre une fois de retour, je ne dis pas !

(interview septembre 2000)

 > Voir aussi Les organisateurs aussi passent le relais (raid 2001)aut de page

Contact  : Raid Hannibal E.M. LYON 23, avenue Guy de Collongue 69130 ECULLY
Tél : 04 78 33 79 50, Fax : 04 78 33 61 99

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